Beauty
Was never form and never face
So sweet to SEYD as only grace
Which did not slumber like a stone
But hovered gleaming and was gone.
Beauty chased he everywhere,
In flame, in storm, in clouds of air.
He smote the lake to feed his eye
With the beryl beam of the broken wave;
He flung in pebbles well to hear
The moment's music which they gave.
Oft pealed for him a lofty tone
From nodding pole and belting zone.
He heard a voice none else could hear
From centred and from errant sphere.
The quaking earth did quake in rhyme,
Seas ebbed and flowed in epic chime.
In dens of passion, and pits of wo,
He saw strong Eros struggling through,
To sun the dark and solve the curse,
And beam to the bounds of the universe.
While thus to love he gave his days
In loyal worship, scorning praise,
How spread their lures for him, in vain,
Thieving Ambition and paltering Gain!
He thought it happier to be dead,
To die for Beauty, than live for bread.
Ralph Waldo Emerson
Jamais auparavant n’y eu-t-il visage
Aussi doux que la grace, calme et sage,
Qui ne dormait comme une pierre
Mais flottait étincelant puis disparaissait sous terre.
Partout il poursuivait la Beauté,
Dans les flammes, les orages, les nuages éthérés.
Il frappait le lac pour contempler
Le rayon argenté d’une vague brisée;
Il lançait des cailloux pour écouter
La musique du moment qu’ils allaient donner.
Souvent sonnait pour lui le ton noble
D’un festin ou d’une récolte de vignoble.
Il entendait une voix, à nul autre transparente,
D’une sphère centrée et errante.
La terre tremblante tremblait en rimant,
Les mers portaient le chant épique des croyants.
Dans la tanière des passions et la fosse des râles,
Il vit Eros avancer dans une lutte idéale,
Pour fondre le sombre en soleil et dissoudre le calvaire,
Et rayonner jusqu’aux épilogues de l’univers.
Alors qu’il donnait ainsi ses jours à l’amour
Dans un culte fidèle, aux louanges sourd,
Les leurres étaient répandus pour lui en vain,
L’Ambition voleuse et malhonnête le Gain!
Il pensait qu’il valait mieux être mort sans rien,
Mourir de Beauté, plutôt que vivre pour du pain.
Ralph Waldo Emerson (traduit par François Holmey)
Lu par Maite Jáuregui
El Cant Dels Ocells (Le Chant des Oiseaux), Francisco Javier Jáuregui
Gudrún Ólafsdóttir, Elena Jáuregui, Francisco Javier Jáuregui