Cinq Un La Revue

Marche Doucement

Poème

Sonnet 71

No longer mourn for me when I am dead
Than you shall hear the surly sullen bell
Give warning to the world that I am fled
From this vile world, with vilest worms to
dwell.
Nay, if you read this line, remember not
The hand that writ it; for I love you so,
That I in your sweet thoughts would be forgot,
If thinking on me then should make you woe.
O, if, I say, you look upon this verse,
When I perhaps compounded am with clay,
Do not so much as my poor name rehearse,
But let your love even with my life decay;
Lest the wise world should look into your moan,
And mock you with me after I am gone.

William Shakespeare

Sonnet 71

Ne me pleure pas quand je suis mort,
Quand tu entends la cloche rétive et maussade
Annoncer au monde infâme mon sort
D’exilé, retiré avec des vers immondes dans ma sombre ambassade.
Non, si tu lis cette ligne, ne te souviens pas
De la main qui l’écrivit; car je t’aime tant,
Que je préfèrerais être loin de tes pensées et tes pas,
Si mon souvenir est triste et bouleversant.
O, si tu écoutes ces vers et ces sons,
Lorsque je ne suis plus que poussière à pourrir,
Refuse même de répéter mon nom,
Et laisse ton amour avec ma vie mourir;
De peur que le monde examine ton gémissement,
Et te tourne en ridicule pour longtemps.

William Shakespeare (traduit par François Holmey)

Musique

Pavane pour une Infante Défunte, Ravel
Pascal Rogé

Image

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La Sulamite, Redon
Galerie Nationale d'Art, Washington