Cinq Un La Revue

Marche Doucement

Poème

Si mis Manos Pudieran Deshojar

Yo pronuncio tu nombre
En las noches oscuras,
Cuando vienen los astros
A beber en la luna
Y duermen los ramajes
De las frondas ocultas.
Y yo me siento hueco
De pasión y de música.
Loco reloj que canta
Muertas horas antiguas.

Yo pronuncio tu nombre,
En esta noche oscura,
Y tu nombre me suena
Más lejano que nunca.
Más lejano que todas las estrellas
Y más doliente que la mansa lluvia.

¿Te querré como entonces
Alguna vez? ¿Qué culpa
Tiene mi corazón?
Si la niebla se esfuma,
¿Qué otra pasión me espera?
¿Será tranquila y pura?
¡¡Si mis dedos pudieran
Deshojar a la luna!!

Federico García Lorca

Si mes Mains Pouvaient Effeuiller

Je prononce ton nom
Dans ces nuits obscures,
Quand les astres viennent
Boirent sur la lune
Et que dorment les tiges
Des fougères cachées.
Et je me sens creux
De passion et de musique.
Horloge folle qui chante
Les mortes heures antiques.

Je prononce ton nom,
Dans cette nuit obscure,
Et ton nom résonne
Plus lointain que jamais.
Plus lointain que toutes les étoiles
Et plus douloureuse que la douce pluie.

T’aimerai-je encore
Comme avant? Quel blâme
Porte mon coeur?
Si le brouillard se dissout,
Quelle autre passion m’attend?
Sera-t-elle calme et pure?
Si seulement mes doigts pouvaient
Effeuiller la lune!

Federico García Lorca (traduit par François Holmey)

Musique

Quatuor à Cordes en fa majeur, 3. Très Lent, Ravel
Quatuor Melos

Image

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Te Po, Gauguin
Galerie Nationale d'Art, Washington