Y a-t-il quoi que ce soit de moins tactile qu’un écran tactile ? Quoi que ce soit qui éveille moins notre sens du toucher ?
Tiens un livre, sens son poids sur ta paume, humecte ton doigt et tourne ses pages. Ce sont là les plaisirs de la main.
Mais les mains servent aussi à autre chose. Elles sont l’outil de l’artisan, qui portent les objets lourds, cueillent les raisins, façonnent la pâte à pain, enfilent l’aiguille. Lorsque les mains deviennent l’extension de la pelle, de la cisaille, du rouleau à pâtisserie ou de l'aiguille, les plaisirs tactiles peuvent s’atténuer, et de par la répétition même se muer en douleur.
Voilà l’objet du dernier thème de Cinq Un : les plaisirs et les peines du travail manuel. C’est ce qui nous nourrit et nourrit nos familles, nous connecte à nos corps, active notre sang et, comme l’écrit Paul Verlaine dans le premier poème de cette série, magnétise nos pauvres vertèbres.
Olivier Holmey
Londres, 14 mai 2016
Notre sélection de poésie, de musique et d'art pour les cinq semaines de ce thème est disponible à travers les liens ci-dessus ou les liens suivants:
I. Première Semaine
II. Deuxième Semaine
III. Troisième Semaine
IV. Quatrième Semaine
V. Cinquième Semaine