Cinq Un La Revue

Le Soleil Brille pour tout le Monde

Poème

The Second Coming

Turning and turning in the widening gyre
The falcon cannot hear the falconer;
Things fall apart; the centre cannot hold;
Mere anarchy is loosed upon the world,
The blood-dimmed tide is loosed, and everywhere
The ceremony of innocence is drowned;
The best lack all conviction, while the worst
Are full of passionate intensity.

Surely some revelation is at hand;
Surely the Second Coming is at hand.
The Second Coming! Hardly are those words out
When a vast image out of Spiritus Mundi
Troubles my sight: somewhere in sands of the desert
A shape with lion body and the head of a man,
A gaze blank and pitiless as the sun,
Is moving its slow thighs, while all about it
Reel shadows of the indignant desert birds.
The darkness drops again; but now I know
That twenty centuries of stony sleep
Were vexed to nightmare by a rocking cradle,
And what rough beast, its hour come round at last,
Slouches towards Bethlehem to be born?

William Butler Yeats

La Seconde Venue

Tournant et tournant dans un gyre toujours plus grand
Le faucon n'entend plus le fauconnnier;
Les choses s'écroulent; le centre ne peut plus tenir;
Une simple anarchie est lâchée sur le monde,
La marée s'obscurcit de sang, et partout
La cérémonie de l'innocence est noyée;
Les meilleurs sont vides de toute conviction, et les pires
Sont remplis d'intensité passionnée.

Sûrement quelque révélation est imminente;
Sûrement la Seconde Venue est imminente.
La Seconde Venue! A peine ces mots sont-ils prononcés
Qu'une vaste image sortie de Spiritus Mundi
Trouble ma vue: quelque part dans les sables du désert
Une forme avec le corps d'un lion et la tête d'un homme,
Un regard aussi vide et sans pitié que le soleil,
Avance ses cuisses lentes, tandis qu'autour de lui
Vacillent les ombres des oiseaux indignés du désert.
L'obscurité s'abat de nouveau; mais désormais je sais
Que vingt siècles d'un sommeil de pierre
Ont été troublés par le cauchemar grinçant d'un berceau,
Et quel monstre infâme, son heure venue enfin,
Se traîne vers Bethléem pour naître?

William Butler Yeats (traduit par François Holmey)

Musique

Symphonie No. 6 en fa majeur, dite "Pastorale" Op. 68: IV. Orage et Tempête, Beethoven
L'Orchestre de Philadelphie, Riccardo Muti

Image

Joseph Vernet - Storm - Met Museum of Art

Tempête, Joseph Vernet
Metropolitan Museum of Art