Sir Thomas More, Act 2, Scene 4
A riot has broken out against strangers in London and Thomas More is sent by the authorities to stop the violence. He responds to a crowd that demands the removal of strangers from the country.
Grant them removed, and grant that this your noise
Hath chid down all the majesty of England;
Imagine that you see the wretched strangers,
Their babies at their backs and their poor luggage,
Plodding to the ports and coasts for transportation,
And that you sit as kings in your desires,
Authority quite silent by your brawl,
And you in ruff of your opinions clothed;
What had you got? I’ll tell you: you had taught
How insolence and strong hand should prevail,
How order should be quelled; and by this pattern
Not one of you should live an aged man,
For other ruffians, as their fancies wrought,
With self same hand, self reasons, and self right,
Would shark on you, and men like ravenous fishes
Would feed on one another [...]
Say now the King
Should so much come too short of your great trespass
As but to banish you, whither would you go?
What country, by the nature of your error,
Should give you harbour? Go you to France or Flanders,
To any German province, to Spain or Portugal,
Nay, any where that not adheres to England,
Why, you must needs be strangers: would you be pleased
To find a nation of such barbarous temper,
That, breaking out in hideous violence,
Would not afford you an abode on earth,
Whet their detested knives against your throats,
Spurn you like dogs, and like as if that God
Owed not nor made not you, nor that the claimants
Were not all appropriate to your comforts,
But chartered unto them, what would you think
To be thus used? This is the strangers' case;
And this your mountainish inhumanity.
William Shakespeare
Sir Thomas More, Acte 2, Scène 4
Une émeute est en cours à Londres contre des étrangers et Thomas More est envoyé par les autorités pour arrêter la violence. Il répond à une foule qui demande le renvoi des étrangers dans leur pays.
Supposez qu'ils soient renvoyés, et que votre bruit
Soit entendu tout le long de la majestueuse Angleterre;
Imaginez que vous voyiez ces étrangers misérables,
Leurs bébés sur le dos et leurs pauvres bagages,
Marcher lourdement vers les ports et les côtes pour leur départ,
Et que vous restiez comme des rois assis sur vos désirs,
L'autorité rendue silencieuse par vos violences,
Tandis que vous faites étalage de vos opinions;
Qu'auriez-vous obtenu alors? Je vais vous le dire: vous auriez enseigné
Comment l'insolence et la main forte peuvent prévaloir,
Comment l'ordre peut être ignoré; et par ce même exemple,
Aucun d'entre vous ne devrait vivre la vieillesse,
Car d'autres brutes, selon leurs caprices,
Avec la même main, les mêmes raisons, le même droit,
Seraient des requins envers vous, et les hommes comme des poissons affamés
S'entre-dévoreraient [...]
Disons un instant que le Roi
Décide au vu de votre grave offense
De vous bannir, ou iriez-vous alors?
Quel pays, en raison de votre faute,
Vous accorderait l’asile? Que vous alliez en France ou en Flandres,
Dans une province allemande, en Espagne ou au Portugal,
Dans quelque endroit qui ne soit pas l'Angleterre,
Vous seriez forcément des étrangers; seriez-vous heureux
De trouver une nation d'un tempérament si barbare,
Qui, déchaînant une violence hideuse contre vous,
Ne vous offrirait nul refuge sur la terre,
Aiguiserait ses couteaux détestés contre vos gorges,
Vous repousserait comme des chiens, comme si Dieu
Ne vous devait rien ni ne vous avait créés, et que les habitants
Ne seraient pas tous persuadés par vos revendications,
Habilités qu’ils seraient à les peser. Que penseriez-vous alors
D'être ainsi traités? Telle est la plaidoirie des étrangers;
Et telle est votre monstrueuse inhumanité.
William Shakespeare (traduit par François Holmey)
Lu par Warren Rusher
Setmalo
Woven Gold
L'Exode hors d'Egypte, Jan Sadeler I, après Maarten van Cleef
Galerie Nationale d'Art, Washington