Sonnet 60
Like as the waves make towards the pebbled shore,
So do our minutes hasten to their end;
Each changing place with that which goes before,
In sequent toil all forwards do contend.
Nativity, once in the main of light,
Crawls to maturity, wherewith being crown'd,
Crooked eclipses 'gainst his glory fight,
And Time, that gave, doth now his gift confound.
Time doth transfix the flourish set on youth,
And delves the parallels in beauty's brow,
Feeds on the rarities of nature's truth,
And nothing stands but for his scythe to mow.
And yet to times in hope my verse shall stand,
Praising thy worth, despite his cruel hand.
William Shakespeare
Sonnet 60
Comme les vagues qui se dirigent vers le rivage,
Ainsi nos minutes se hâtent à leur fin;
Chacune prenant la place de la précédente en voyage,
Dans un labeur en séquence, toutes avancent en vain.
La nativité, autrefois au cœur de la lumière,
Rampe vers sa maturité où, une fois couronnée,
Des éclipses guident sa gloire jusqu’au cimetière,
Et le Temps, qui donna, consume alors son présent mutilé.
Le Temps pétrifie les fleurs de notre enfance,
Et creuse les parallèles dans le front de la beauté;
Il se nourrit des raretés de nos expériences,
Et rien ne tient que sa faux n’ait coupé.
Mais aux temps espérés, mes vers tiendront,
Louant ta grâce, malgré ses cruelles afflictions.
William Shakespeare (traduit par François Holmey)
Lu par François Holmey
Prelude
Café Society
Les Lames Déferlent, Marée de Septembre 1901, Auguste Lepère
Galerie Nationale d'Art, Washington