Sonnet 12
When I do count the clock that tells the time,
And see the brave day sunk in hideous night;
When I behold the violet past prime,
And sable curls ensilvered o’er with white;
When lofty trees I see barren of leaves,
Which erst from heat did canopy the herd,
And summer’s green all girded up in sheaves,
Borne on the bier with white and bristly beard;
Then of thy beauty do I question make,
That thou among the wastes of time must go,
Since sweets and beauties do themselves forsake,
And die as fast as they see others grow;
And nothing 'gainst Time’s scythe can make defence
Save breed to brave him when he takes thee hence.
William Shakespeare
Sonnet 12
Quand je compte l’horloge qui nous montre le temps,
Et que je vois le jour courageux coulé dans le néant;
Quand j’aperçois les lilas pliés par le vent,
Et les boucles de sable s’argenter de blanc;
Quand de grands arbres je vois vides de feuilles,
Qui auparavant de la chaleur abritaient les bêtes,
Et le vert de l’été nourri par le soleil,
Porté sur le cercueil d’une barbe blanche et inquiète;
Alors je me mets à interroger ta beauté,
Etant donné que tu dois aller dans les ordures du temps,
Puisque douceurs et beautés sont abandonnées
Et tuées aussi vite que d’autres viennent en grandissant;
Et rien ne peut arrêter la faux du Temps
Sinon engendrer pour le défier quand il te prend.
William Shakespeare (traduit par François Holmey)
Lu par François Holmey
Mélodies Oubliées, Cycle 1, Op. 38: No. 6 Canzona Serenata en fa mineur, Moderato, Nikolai Medtner
Polina Leschenko
La Femme à l'Ombrelle ou La Promenade - Madame Monet et son Fils, Claude Monet
Galerie Nationale d'Art, Washington