Cinq Un La Revue

Beaucoup ai-je voyagé

Poème

In Cabin'd Ships at Sea

In cabin'd ships at sea,
The boundless blue on every side expanding,
With whistling winds and music of the waves - the large
imperious waves - In such,
Or some lone bark, buoy'd on the dense marine,
Where, joyous, full of faith, spreading white sails,
She cleaves the ether mid the sparkle and the foam of day,
or under many a star at night,
By sailors young and old, haply will I, a reminiscence of
the land, be read,
In full rapport at last.

Here are our thoughts - voyagers' thoughts,
Here not the land, firm land, alone appears, may then by them be said,
The sky o'erarches here - we feel the undulating deck
beneath our feet,
We feel the long pulsation - ebb and flow of endless motion,
The tones of unseen mystery - the vague and vast suggestions
of the briny world - the liquid-flowing syllables,
The perfume, the faint creaking of the cordage, the melancholy rhythm,
The boundless vista, and the horizon far and dim, are all here,
And this is Ocean's poem.

Then falter not, O book! fulfil your destiny!
You, not a reminiscence of the land alone,
You too, as a lone bark, cleaving the ether - purpos'd I know
not whither - yet ever full of faith,
Consort to every ship that sails - sail you!
Bear forth to them folded, my love - (Dear mariners! for you
I fold it here, in every leaf;)
Speed on, my Book! spread your white sails, my little bark,
athwart the 
imperious waves!
Chant on - sail on - bear o'er the boundless blue, from me,
to every shore,
This song for mariners and all their ships.

Walt Whitman

Dans les Cabines de Navires sur l’Océan

Dans les cabines de navires, sur l’Océan,
Le bleu infini de toutes parts s�����������������étendant,
Avec les vents sifflants et la musique des vagues - les larges vagues impérieuses - Comme tel,
Ou quelque écorce solitaire, sur la densit�� marine,
Où, joyeuse, pleine d’espérance, ouvrant ses voiles blanches,
Elle déchire l’éther au sein de l���éclat et l’écume du jour,
ou la nuit sous d’innombrables étoiles,
Par des marins jeunes et vieux, par chance peut-être, telle une réminiscence de la terre, je serai lu,
Dans une harmonie complète enfin.

Ici sont nos pensées - les pensées des voyageurs,
Ici la terre, la terre ferme, n’apparaît pas seule, diront-ils peut-être,
Le ciel forme une arche ici - nous sentons le pont
ondulant sous nos
pieds,
Nous sentons la longue pulsation - le flux et le reflux du mouvement permanent,
Les tons du mystère invisible - les vagues et vastes suggestions
du monde salin - les syllabes liquides-coulantes,
Le parfum, le grincement discret du cordage, le rythme
mélancholique,
La vision sans fin, et l���horizon distant et indistinct sont tous là,
Et ceci, c’est le poème de l’Océan.

Alors ne faiblis pas, O livre! accomplis ta destinée!
Toi non pas une réminescence de la terre seule,
Toi aussi, comme une écorce solitaire déchirant l’éther - destiné je ne sais
où - et pourtant toujours plein d’espérance,
Accompagne chaque navire qui vogue - vogue toi aussi!
Offre-toi pli��, mon amour - (Chers marins! pour vous
je le plie ici, dans chaque page;)
Accél��re, mon livre! d����ploie tes voiles blanches, ma petite écorce,
à travers les vagues impérieuses!
Continue �������� chanter - continue �� voguer - apporte sur le bleu infini de moi
jusqu’à tous les rivages,
Cette chanson aux marins et à tous leurs navires.

Walt Whitman (traduit par François Holmey)

Musique

La Mer: 1. De l'aube à midi sur la mer, Debussy
L'Orchestre de Cleveland, Pierre Boulez

Image

A11463.jpg
Ferry de Rotterdam, Turner
Galerie Nationale d'Art, Washington