L'Infinito
Sempre caro mi fu quest'ermo colle
E questa siepe che da tanta parte
De'll ultimo orrizonte il guarde esclude.
Ma sedendo e mirando interminati
Spazi di là da quella, e sovrumani
Silenzi, e profondissima quiete,
Io nel pensier mi fingo, ove per poco
Il cor non si spaura. E come il vento
Odo stormir tra queste piante, io quello
Infinito silenzio a questa voce
Vo comparando; e mi sovvien l'eterno,
E le morte stagioni, e la presente
E viva, e'l suon di lei. Così tra questa
Immensità s'annega il pensier mio:
E'l naufragar m'è dolce in questo mare.
Giacomo Leopardi
L'Infini
Cette colline solitaire m'a toujours été chère,
Et cette haie, qui cache de vue
Une si grande part de l'horizon lointain.
Mais assis ici en regardant,
Je découvre des espaces au-delà, plus grands
Que les silences humains, et une paix plus profonde,
Jusqu'à ce que mon cœur soit presque
Submergé. Et, écoutant le vent
Bruisser à travers les feuilles, je compare
Un silence infini à cette voix;
Et avec mon esprit embrasse l'éternel,
Et les saisons mortes, et le présent
Et le vivant, et le son de toutes ces choses.
Immensités dans lesquelles mes pensées se noient:
Et il est doux d'être naufragé dans cet océan.
Giacomo Leopardi (traduit par François Holmey)
Lu par Francesco Lombardo
Le Chant des Collines
Ravi Shankar