En 1914, Guillaume Apollinaire rencontra Lou. Il en tomba bientôt amoureux. Pour le poète, cet amour naissant allait servir de refuge durant la guerre. Dans ses Lettres à Lou, Guillaume, ou Gui, ce gros bonhomme soldat, se donne tout entier à elle, et ce alors que les horreurs d’un combat quotidien auraient pu bien vite monopoliser son esprit, ou l’anéantir tout entier.
« On est en guerre
Mais Gui
N’y pense guère »
écrit-il dans une de ses lettres en vers.
Et voici donc notre prochain thème: l’amour qui nous isole du monde, nous le fait oublier; l’amour qui se suffit à lui-même, réduisant tout à l’essence vitale d’un être aimé; l’amour qui, comme l’écrit John Donne dans un autre poème de cette série, sait résumer l’univers de deux amants au seul lit qu’ils partagent, « all here in one bed lay ».
Et quel bonheur que de s’épanouir, que de se découvrir, que de s’exaucer à deux, à l’écart d’un monde que l’on sait tumultueux et violent. A condition que l’isolement ne se change en misanthropie, bien entendu.
Olivier Holmey
Londres, 25 octobre 2014
Notre sélection de poèmes, musiques et images pour les cinq semaines de ce thème est disponible à travers les liens suivants:
I. Première Semaine
II. Deuxième Semaine
III. Troisième Semaine
IV. Quatrième Semaine
V. Cinquième semaine